L' épreuve du QR code
Pour l'examen du baccalauréat de l'enseignement général 2024/2025, les épreuves comportent désormais un code QR. Une nouveauté qui divise au sein de la communauté éducative
Une épreuve du baccalauréat 2025. Le QR code est visible en haut au centreC'est la nouvelle identité des épreuves du baccalauréat de l'enseignement général. Désormais, sur chaque sujet de chaque matière est visible un code QR. La raison de son apparition revient à contrecarrer les plans de «l'eau», ce phénomène de fuite des épreuves très courant pendant les examens officiels de l'enseignement secondaire au Cameroun. L' utilisation, elle est simple : «Chaque sous centre d'examen dispose d'un QR code unique qui est remis au chef du centre. Ceci l'aide à imprimer les sujets juste avant le début de l'épreuve qui doit passer», explique un enseignant. La formule devient donc différente. Les sujets qui venaient autrefois dans une enveloppe scellée sont désormais imprimés au centre d'examen et ceci permet une certaine traçabilité.
L' invité surprise
Au sein de la communauté éducative, les avis sont partagés quant à l'introduction de cette nouveauté. Élèves et enseignants ne parviennent pas à faire consensus sur l'utilité et l'opportunité du code QR. Au moment de découvrir cette nouveauté inattendue sur leurs épreuves les candidats au baccalauréat n'ont pas manqué d'exprimer leur stupéfaction. «J’ai eu mal mais en voyant ça mais je suis déjà habitué j’ai écris ce que j’ai retenu en 3 ans dans la même classe j'espère seulement que cet année sera la bonne», déclare Armel un candidat. Et quand il lui est demandé s'il leur a été expliqué quelle est l'utilité de ce code QR il répond : «Non personne ne veut répondre à nos questions vu que même la pause il n' y a plus, on entre en salle le matin et ne ressortons que lorsque la journée est terminée». Une autre candidate quant à elle ne voit pas de danger face à cette innovation. Pour elle ceci ne contrarie pas ses plans elle se concentre juste sur son examen.
Les enseignants sont divisés
Aussi bien les candidats que leurs encadreurs ont des regards tranchés sur la question de l'utilité du QR code. Les enseignants ont tout aussi été surpris de voir ces codes QR présents sur les épreuves : «Je m'en suis moi même rendu compte ce matin car étant au secrétariat et je ne comprends pas encore vraiment la nécessité à vrai dire», déclare Claude Thierry Awoumou enseignant d'histoire-géographie-ECM. S'il ne voit pas l'utilité de ces codes, certains de ses collègues par contre louent cette mesure apportée par le ministère des Enseignements secondaires: «C'est une très bonne chose, ça vise à éviter la propagation de «l'eau» comme on le dit souvent. Chaque QR code correspond à une zone précise de telle sorte que s'il y a une fraude elle sera facilement détectable. Si les candidats ont passé l'année à attendre la fuite des épreuves ça leur sera préjudiciable», clame Engilbert Mwatsa lui aussi enseignant d'histoire-géographie-ECM. Pour Joël Wemango enseignant de français l'innovation est bonne mais sans grande influence : «Cette nouveauté est tout à fait appréciable mais je ne pense pas qu'elle aura une influence significative sur les résultats». Les candidats et les enseignants sont face à la réalité ils ne peuvent qu'accepter l'épreuve du QR code. Même s'il s'avère qu'elle n'est pas encore totalement maîtrisée car des fuites d'épreuves font encore écho pendant cette période d'examen.

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